[ Article ]
Intégrer le Product Design au cœur des Digital Factories : un choix stratégique

Romain Lemaire

Sabrina Lété
Publié le 31 mars 2023
Les biais cognitifs sont des réflexes à percevoir, à penser et à prendre en compte afin d’éviter de prendre des décisions de manière biaisée. Ils peuvent avoir un impact important sur notre vie quotidienne, en influençant les choix que nous faisons, les opinions que nous formons et les actions que nous entreprenons.
Nous allons explorer comment les biais peuvent nous affecter dans différents domaines, y compris dans le design et l’expérience utilisateur. En comprenant les biais cognitifs et en apprenant à les identifier, il est possible de les maîtriser et d’anticiper leurs répercussions.
Le biais est une pensée, illogique, irrationnelle, qui va conduire à une prise de décision rapide et automatique. Le cerveau fait cette torsion pour palier à diverses situations :
Comme Daniel Kahneman l’explique dans son livre “Système 1, Système 2, les 2 vitesses de la pensée”; dans certaines situations, le système 1 (rapide, instinctif et émotionnel), prend le pas sur le système 2 (lent et rationnel). Le premier agit 95% du temps tandis que le second 5%.
Cependant, il est important de noter que les biais cognitifs sont un phénomène normal et inévitable dans notre processus de pensée et de prise de décision. L’objectif n’est pas de les éliminer complètement, mais plutôt de les minimiser pour améliorer la qualité de nos décisions.
250 biais cognitifs sont référencés, généralement classés dans les catégories suivantes :
Il est difficile de rentrer en détail dans l’ensemble des biais cognitifs répertoriés à l’heure actuelle, mais voici un schéma du codex des biais permettant de visualiser une grande partie d’entre eux, avec leur facteur de déclenchement (trop d’information, pas assez de sens…) et leur répercussion.
Exemple : Trop d’information => on remarque lorsque quelque chose a changé => biais de distinction => je vais remarquer et être attiré par ce produit/message très différent du reste.

Les sciences humaines et les sciences cognitives favorisent une expertise ergonomique fiable. Ces connaissances multidisciplinaires aident l’UX Designer à concevoir un produit innovant, un service, une application ou encore un site web répondant aux besoins des utilisateurs. Les biais cognitifs, utilisés intelligemment en UX Design, jouent un rôle important pour :
Quand l’objectif est de persuader l’utilisateur ou le consommateur à agir comme le souhaite le client, ne s’agit-il pas de manipulation ? L’utilisation des « nudges » (coups de pouce) pour augmenter l’engagement et la conversion amène ainsi rapidement des questions éthiques.
De plus, l’équipe doit également être consciente de ses propres biais psychologiques, susceptibles d’invalider sa compréhension des utilisateurs.
Voici quelques un des biais cognitifs les plus souvent observé chez nos utilisateurs, dans notre quotidien de designer :
Biais d’ancrage : Ce biais se produit lorsque nous sommes influencés par une première estimation ou information, même si celle-ci n’est pas nécessairement précise ou pertinente.
Biais de similarité : Ce biais se produit lorsque nous sommes plus enclins à faire confiance et à être influencés par les personnes et les idées qui nous sont similaires.
Biais de disponibilité : Ce biais se produit lorsque nous accordons plus d’importance aux informations qui sont facilement disponibles dans notre mémoire, même si elles ne sont pas nécessairement représentatives de la réalité.
Biais d’expertise : Ce biais se produit lorsque nous accordons plus d’importance à l’opinion d’une personne considérée comme une autorité dans un domaine, sans tenir compte de la qualité de ses arguments.
Biais de récence : tendance à accorder plus de poids aux informations les plus récentes, ce qui peut influencer les décisions et les jugements.
Biais de cadrage : tendance à percevoir les informations de manière différente en fonction du cadre ou du contexte dans lequel elles sont présentées.
L’Effet de halo : tendance à percevoir une personne ou un produit de manière positive en raison d’un aspect positif particulier.
Biais de conformité : tendance à aller de pair avec le groupe ou à adopter les opinions du groupe.
Si malgré tout, un biais est constaté ce n’est pas grave en soi, il suffit de le noter afin d’avoir en tête le contexte de l’observation ou du retour pour son analyse finale.
Les designers sont tout autant susceptibles d’être affectés par des biais que n’importe quel participant, en voici quelque uns :
Biais d’angle mort : tendance à sous-estimer la probabilité d’un événement qui est peu probable mais qui peut avoir des conséquences graves.
Immunité à l’erreur : tendance à penser que ses propres solutions de design sont plus fiables que celles des autres, ce qui peut entraver la capacité à recevoir des commentaires constructifs et à améliorer ses designs.
Biais de confirmation : Ce biais se produit lorsque nous recherchons des informations qui confirment nos croyances et opinions existantes, tout en ignorant les informations qui les remettent en question.
Biais de familiarité : tendance à préférer des solutions de design familières ou familières à celles qui sont nouvelles ou peu familières, ce qui peut limiter la créativité et la recherche de nouvelles idées.
Biais d’optimisme : tendance à surestimer la qualité d’une solution de design ou la probabilité de son succès, ce qui peut entraver l’analyse réaliste et la prise de décision éclairée.
Biais d’impact : tendance à surestimer l’importance ou l’impact futur d’un élément de design particulier, ce qui peut limiter la capacité à considérer les conséquences à long terme.
Comment améliorer le parcours client grâce aux analyses UX et aux tests utilisateurs ?
Les biais sont présents dans toutes les sphères de notre vie, y compris dans le design, et peuvent influencer les décisions que nous prenons et les résultats que nous obtenons. Il est important de comprendre les différents types de biais cognitifs courants et comment ils peuvent vous influencer.
En mettant en œuvre des processus rigoureux de vérification et de validation, en travaillant en équipe avec des membres ayant des perspectives différentes, en prenant le temps de réfléchir et de peser les options et en étant conscient de ses propres biais, nous pouvons minimiser les biais cognitifs et améliorer la qualité des résultats finaux.
[ Article ]

Romain Lemaire